Abbaye Laïque


– Abbaye laïque (1 page) : Son histoire

« Maison remarquable (abadie) du personnage laïc qui avait la tâche, sous l’Ancien Régime, de prélever la dîme et de proposer la nomination du curé de la paroisse (tâche originale qui n’affecte que les pays de l’Adour, autour de l’évêché de Tarbes, dans les Hautes Pyrénées, et de Morlaas-Lescar dans les Pyrénées Atlantiques), elle se dresse à proximité immédiate de l’église Saint Germain.

Cette maison noble (portail en fer et marbre aux fleurs de lys, perron de pierre et porte monumentale en bois, aux sculptures remarquables, etc.) appartenait depuis plus de deux siècles, par mariage, à la famille de Labarthe, et cette possession prendra fin à la Révolution (qui enlèvera symboliquement, sur le bois et la pierre, les fleurs de lys de l’Ancien Régime).

Par son inscription à l’Inventaire supplémentaire départemental, elle fait désormais partie des Monuments Historiques : dans le cadre de la visite du musée, on peut admirer sa façade, sa charpente, sa toiture et ses deux cheminées en bois du rez-de-chaussée, aux sculptures de bois remarquables, qui illustrent, de part et d’autre de leur conduit central, les styles baroque et classique de la 2ème moitié du 17ème siècle.

Restaurée pour l’ouverture du musée en 1972, elle constitue, avec la maison Ducrest, sise en face de la Mairie, un exemple représentatif des bâtiments civils remarquables du 17ème siècle, à Arudy, comparables à ceux de Bielle (ancienne capitale d’Ossau), de Béost, Bilhères, etc… « 

Texte de Geneviève MARSAN, Conservatrice Honoraire du Musée

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Abbaïe Laïque/Hôtel de Poutz / Musée d’Arudy Ce dernier fait partie du Réseau des Musées de France.

Repères chronologiques (doc. Remis par M. DUGENE)

Date Evènement
1297Le 11 avril 1297, par acte notarié, l’abbé laïque d’Arudy donne sa dîme à l’évêque d’Oloron
1328Ses successeurs furent Raymond Arnaud et Bernard son fils
1369Arnaut-Guilhem de Sentebit est seigneur de ladite abadie d’Arudy
1373Le 30 avril 1373 « Gaston … comte de Foix …. Attendutlous bons et agradables (serbicis) que nostreamatescuder Arnault-Guilhem de Sentabit, dit l’Ossales, nos a fait … feit donation … au medixArnaut-Guilhem et a sons bons enfans de son corps engendrats de l’Abadie d’Arudi ».
1385D’après l’ordre du dénombrement : à l’emplacement du bâtiment actuel, il est indiqué :
L’Abadie
C’était très certainement Arnault-Guilhem de St-Avit qui en était le titulaire
C’est la 17e des 85 maisons mentionnées
1389-1442A partir de décembre 1389, l’abbaye appartient à Na Bertrane de Pontacq (on suppose épouse d’Arnault-Guilhem) puis à son fils Johan au moins jusqu’en 1442
1457-1464Le fils de Johan : Johanet est abbé laïque d’Arudy
1478A partir du 2 janvier 1478, l’abbaye appartient à dame Sebiliotte de Sainte-Colome, vraisemblablement l’épouse de Johanet
6 mai 1487Na Sebeliote de Ste-Colome ; En Arnaud-Guilhem ; Na Johanine, fille de Na Sebeliote et femme d’Arnaut-Guilhem ; En Bernad, fils aîné et héritier d’Arnaud Guilhem et de Joanine, seigneurs et dames de l’Abbaye laïque d’Arudy, reçoivent une contribution des gens de Buzy« per far l’ostau de la abadia d’Aruri de las maas de Johan de Gualhat, qui faselodit hostau »
1539Dénombrement de noble Gaston de Louvie, seigneur de l’abbaye laïque d’Arudy. Sur cet acte, sa maison est située , les « confrontations sont la rue et les maisons de Trésaugue, de Mesplé et de Bornau, donc à l’emplacement de la « maison d’Ossau » actuelle
1570Ce fief bénéficiait du droit d’entrée aux Etats du Béarn depuis 1570
1585Arnaut de Labarthe, fils cadet de Bertran de Labarthe, marchand de Gan, épouse –en secondes noces- en 1585, noble Joanine de Louvie, veuve et héritière de l’abbaye laïque d’Arudy
Fin du XVIe
Début du
XVIIe
A Pau, face au château, un hôtel particulier dit « Maison de Peyre » ou parfois « Maison de Sully » présente des similitudes importantes avec l’hôtel de Poutz d’Arudy. La construction de l’hôtel de Pau est de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Ordonné par Guillaume de Peyrer (décédé en 1609), jurat d’Oloron, marié à Marguerite de Doumecq, et Jean de Peyrer (1590-1640), marié à Marie de Gontaud Biron d’Arros
1614Arnaut de Labarthe est abbé laïque en titre depuis le décès de son épouse Joanine de Louvie
1619Isaac de Labarthe, fils d’Arnaud devient abbé laïque au décès de son père, il est l’époux d’Isabel (Elisabeth) de Claverie dit Mesplé (du château d’Arudy)
Milieu du
XVIIe
« L’actuelle Maison d’Ossau est un bâtiment entièrement réaménagé au milieu du XVIIème siècle, je ne sais pas exactement par qui (Isaac ou Arnaut II de Labarthe ?), ni quand. » (il y a souvent un décalage entre l’architecture des villes et celle des villages qui dans notre cas pourrait accréditer le « copiage » de la « Maison de Peyre » à Pau, fin XVIe –début XVIIe)
1654Noble Arnaud de Labarthe, abbé d’Arudy épouse Demoiselle Marie Pucheu d’Oloron (certainement à Bruges)
27.02.1665Mariage de noble Jean de Labarthe, capitaine et abbé d’Arudy et Mademoiselle Anne-Marie de Casadepats
1666Noble Pierre de Labarthe reçu ce fief le 28 mai 1666
1681Sur la déclaration de la communauté d’Arudy, c’est bien Pierre de Labarthe qui est abbé laïque d’Arudy
1711Son fils Raymond né le 2 septembre 1688 fut admis et reçu ce fief le 3 juillet 1711, marié à Pau, le 16 mai 1734, à demoiselle Marguerite de Fillie. Il meurt le 19 janvier 1754.
1754Héritier de son père (Pierre) et de son frère (ci-dessus) Jean-Antoine de Labarthe fut admis et prêta serment le 14 février 1754. Il était curé de la paroisse St Germain d’Arudy depuis 1734, il le restera jusqu’en janvier 1764 où il est remplacé par le curé Candelot ; mais il signe de temps en temps sur les registres de sépultures jusqu’en 1766 en tant qu’abbé.
1772 à 1792Pierre Daniel Poutz (que l’on verra bientôt propriétaire de la maison Labarthe) se marie avec Marie-Anne Lavignolle de Bescat le 06.10.1772
Ils eurent 9 enfants : Elisabeth née le 13.01.1775 et décédée à 10 jours.
Jeanne Marie née le 18.01.1776 et décédée à 9 jours
Elisabeth le 19.01.1777
Jean-Bernard né le 19.06.1779 marié à Marie-Claude d’Espalungue d’Arros. Il décède à la maison Labarthe le 20.10.1824
Jean né le 27.09.1781 Jeanne-Julie née le 22.05.1784
Jean-Bernard Vincent né le 19.07.1786 et décédé le 07.06.1819, célibataire de 32 ans
Elisabeth née le 18.11.1788 mariée à Jean-Louis Saüt et décédée à Buzy le 25.03.1865
Thérèse née le 26.05.1792
1776Sur le P.V. de bornage et fixation des directes du domaine d’Arudy :
M. Jean-Antoine de Labarthe possède la maison noble abbatiale qui confronte par devant avec la rue, par derrière avec le jardin de Soulé, d’un côté avec la maison et jardin de Mesplé et de l’autre avec l’emplacement de Trésaugue. (ce dernier lieu fait actuellement office de parking au devant de la salle Malarode)
1778Décès le 16 décembre 1778 à Arudy de Jean-Antoine de Labarthe, il est enterré dans l’église dans le tombeau de l’abbaye, en présence des sieurs de Poutz et Ignace de Courrèges.
Sa sœur Elisabeth lui succède à la tête de l’abbaye. Elle est née le 19 mai 1705 à Arudy, elle se marie avec François de Lussagnet vers 1730 ; elle décède le 21 mai 1781 sans postérité
1781Le 21 mai 1781, Dame Elisabeth de Labarthe, épouse de M. de Lussagnet donna l’abbaye à noble Jean-Raymond de Courrèges, qui la donna à son fils Joseph-Ignace de Courrèges, ce dernier fut admis, prêta serment et fut reçu aux Etats le 13 janvier 1784
8 floréal
an 5
(27.04.1797)
Le 8 floréal an 5, Pierre Daniel Poutz, Bernard Firmin Poutz, Louis Ducrest et Jean Casedaban déclarent qu’il est de notoriété publique que Joseph-Ignace Courrèges est en possession de tous les biens de son père Jean-Raymond par testament du 7 mars 1787 et du codicille du 6 avril 1788 retenus de Poumiez notaire. Il est aussi en possession des biens que Jean-Raymond a reçu d’Elisabeth de Labarthe (voir 1781 ci-dessus)
16 ventôse
an 7
(6.03.1799)
Il est fait état d’un acte de notoriété de Pierre Daniel Poutz dans le répertoire des actes notariés du notaire Pommé d’Arudy, mais l’acte correspondant n’est pas dans la liasse
An 8Joseph-Ignace Courrèges résidant à Pau vend un pré d’un arpent et 33 escats situé à Dérapart à David Fourcade gendre Soureil pour 1 000 francs.
Pierre Courrèges (certainement son frère) réside à Toulouse quand il vend la maison Sallenave (le presbytère actuel) à Pierre Loustalet (ou Loustalot)
1786-1817Sur une note de B. Cherronnet, on lit « La famille Poutz, qui avait acquis la maison abbatiale entre 1786 et 1817 (c’est tout ce que je suis parvenu à trouver, pour le moment – mais qui dit mieux ? a réussi à imposer à Arudy la croyance qu’elle possédait cette demeure depuis le Moyen-Age … »
28.12.1818
7.5.1819
28.12.1818 : décès à la maison Labarthe de M. Thérèse Sabine Poutz de 13 jours, fille de Jean-Bernard Poutz et de M. Claude d’Espalungue d’Arros
7.5.1819 : décès à la maison Labarthe rue Trey de J.B. Vincent Poutz 32 ans
1830Pierre-Daniel de Poutz, juge de paix, décède à la maison Labarthe le 29 novembre 1830
1837Sur la 1ère matrice cadastrale, c’est Pierre-Amédée Pouts, rentier habitant à Pau qui est propriétaire de la maison Labarthe, de sa cour, du jardin (parking de Malarode)
La maison est imposée pour 1 porte cochère et 17 portes ou fenêtres ordinaires.
24 juillet
1869
Mariage à Arudy J.M. Poey et M.T. Ducrest
1876Création de la Caisse d’Epargne à Arudy, il ne semble pas qu’elle utilise le bâtiment « hôtel de Poutz » dès sa création, mais vraisemblablement à partir de 1890 seulement
15 octobre
1897
Dépôt d’un testament olographe de Melle Marie-Claude Saüt.
Sa nièce Mme Marie-Thérèze Poey devient son héritière générale et universelle
29 avril 1898Suite au décès, à Arudy le 27 avril 1898, de Melle Marie-Claude Saüt, sa nièce MmePoey hérite de l’immeuble « château de Poutz » comme stipulé dans un testament olographe déposé au rang des minutes de Me de Lavillette à Laruns
11 août 1901La Caisse d’Epargne d’Arudy (Juppé, président) achète à Mme veuve Marie-ThérèzePoey née Ducrest de Boeil-Bezing l’immeuble dit « château de Poutz » pour 15 000 francs
1913Le Ministère de la guerre décide en juin 1913, le transfert de la brigade de gendarmerie de Louvie-Juzon à Arudy
1914Le 8 mars 1914, le conseil municipal décide d’acheter pour 18 000 francs l’immeuble que la Caisse d’Epargne mettait en vente pour loger la gendarmerie.
Les frais d’acte de vente estimés à 2 000 f et les travaux divers pour 14500 f font un total de : 34 500 francs. La commune empruntera à la Caisse Nationale des retraites pour la vieillesse : 23 000 francs sur 30 ans ; les annuités seront de 1 412,39 f et le loyer payé par le Département pour la gendarmerie devrait s’élever à 1 200 frs
Août 1914Le 22 août 1914, le Conseil municipal décida de mettre l’immeuble de la Caisse d’Epargne, qui se trouvait vacant, à la disposition de l’Etat ou de la Croix Rouge pour accueillir les blessés de guerre.
Le 20 avril 1915, 33 réfugiés arrivent d’Allemagne, ils seront logés à la Caisse d’Epargne ainsi qu’à l’école des filles. Leur pension était de 1,70 f / jour et on leur prélevait 1 f / jour sur les 1,25 franc que chacun recevait. Le reste à la charge de la commune.
1915Le 13 juin il a été décidé de procéder à l’adjudication des travaux en vue d’installer la gendarmerie, aucun soumissionnaire ne s’est présenté, les devis étant bien inférieurs à ceux qu’ils pouvaient proposer. L’administration militaire demande que tout soit prêt dans le courant 1916.
Devant l’urgence, on traite de gré à gré avec les entrepreneurs : Matraman Bernard d’Oloron et Mouchou Jean-Baptiste d’Izeste pour 15 950 francs. Mr Desbats ingénieur à Oloron supervisera les travaux, il remplace Mr Desmoulins mobilisé.
1915Le 16 décembre 1915, c’est chez Me Bergé, notaire à Arudy que la commune passe l’acte de vente et a acquis l’immeuble de l’ancienne Caisse d’Epargne pour y loger la gendarmerie.
Isidore Courrèges, instituteur honoraire représente la Caisse d’Epargne, Léon Lafore adjoint au maire (ce dernier étant décédé) représente la ville d’Arudy. Enfin l’acte est rédigé par Henri Argelas-Liaas, en l’étude de Me Bergé, absent car mobilisé.
1916Le 5 novembre, le conseil municipal décide de louer au département, l’immeuble pour un loyer annuel de 1 000 francs et ceci avec un bail de 18 ans.
1917Les travaux sont terminés et les entrepreneurs pas payés. Les finances de la commune ne peuvent pas réunir la somme de 12 000 francs, mais les banques ne prêtent rien. C’est un particulier, M. Claa qui propose 10 000 francs à 5,75 %
1917La Caisse d’Epargne d’Arudy sort de l’imposition pour la maison Labarthe, c’est la commune qui entre en possession
1967Création du Musée d’Ossau.
Après avoir entendu G. Laplace attaché au CNRS, le 15 septembre 1967, le conseil municipal décide de réserver « l’hôtel de Poutz » à cet effet
1968Le C.M. demande l’inscription à l’inventaire supplémentaire des Bâtiments Historiques
1969Le 20 juin 1969, le Maire présente au C.M. le projet de remise en état de l’hôtel de Poutz.
Le projet est établi par M. Grésy, architecte à Pau : devis de 330 000 francs. Accepté à l’unanimité
1970Façades et toitures inscrites aux Monuments Historiques par arrêté du 18 septembre 1970

En 1836, le 6 septembre, sur le registre des délibérations du C.M. d’Arudy, la plus imposée de la commune est M. d’Espalungue veuve Poutz pour 204 f 86.

Fév 2015 Arrêté d’inscription aux Monuments Historiques de la totalité de l’Hôtel Poutz – la grille du portail comprise.