Son Histoire


Arudy petit à petit 

Aussi loin que les archéologues nous l’apprennent, les grottes en périphérie de notre village actuel ont été occupées depuis -20000ans. Elles étaient occupées par des chasseurs cueilleurs nomades qui ont laissé des traces de leur passage dans les nombreuses grottes du bassin arudyen. 

Rappelons les principales grottes explorées au cours de ces derniers siècles : les grottes Saint Michel, Espalungue, Larroun, Poeymaü, Garli, Houn de Laà.  

Mais Arudy proprement dit va apparaître dans les textes dès 1270 : Eruri, puis au XIVe siècle : Aruri et Arrudy, au XVe : Erudi, au XVIe enfin : Arudi. Ce n’est qu’au XVIIe que la version que l’on connaît apparaît : ARUDY. 

Gaston Fébus nous a permis de connaître le village en 1385 puisque ses hommes en firent le dénombrement rue par rue pour finalement y positionner 85 maisons, soit 382 habitants (4,5 par maison). Nous pouvons retrouver tout le cheminement pour effectuer leur travail et dès lors toutes les rues que l’on connaît aujourd’hui pouvaient être parcourues. A l’époque, les maisons étaient espacées les unes des autres. Entre elles, des « casals » permettaient au titulaire du lot originel de construire pour une personne de sa famille une nouvelle construction et au XVIIe siècle, nous pouvons estimer que ces espaces sont quasiment tous occupés, dès lors, le centre du village va présenter sa physionomie actuelle.  

Les monuments principaux que sont l’église (dédiée à St Germain), l’abbaye laïque (actuel musée d’Ossau) et la mairie occupent les mêmes espaces qu’aujourd’hui.  

Par contre, le cimetière était situé de chaque côté de l’église, soit entre le portail sud et la fontaine centrale, et à l’emplacement de la halle du marché actuel. Ces cimetières sont visibles sur le cadastre napoléonien du début du XIXe. Il y avait même pour certains – les titulaires des maisons « casalères » – des tombeaux à l’intérieur de l’église qui sont d’ailleurs répertoriés sur le terrier de 1681. La création d’un nouveau cimetière est décidée au début de la révolution. Il fut construit rue d’Arros et au XXème siècle lui furent adjoints les cimetières Bérastou et Pont Neuf. 

Le marché hebdomadaire d’Arudy était l’un des plus attractif de la région, il était situé au sud de la place centrale et après la construction de la mairie actuelle, sa partie basse abritait une vingtaine de « bancs » où les vendeurs répartissaient leurs produits : alimentaires, quincaillerie, vaisselles, toiles, etc. Les propriétaires des charrettes et voitures payaient un « péage » pour le stationnement de leurs engins à proximité. 

La foire annuelle était d’une grande renommée, vendeurs et acheteurs venaient de toute la région et de l’Aragon voisin surtout pour le bétail (les mules en particulier). Au nombre de deux (printemps et automne) elle a lieu actuellement le troisième dimanche d’octobre. 

Plusieurs « pics » de la démographie villageoise au XIXe traduisent une activité industrielle à plusieurs facettes. C’est surtout l’exploitation de la pierre marbrière d’Arudy (dès le XVIIème siècle) qui va changer l’orientation économique du village (et du bassin). Ce matériau lourd nécessitera une gare ferroviaire pour le transport des blocs qui inondera la région, la France et même les Amériques du nord et du sud.  

Le 1er juillet 1883 les chemins de fer arrivent à Arudy. 

La population jusqu’alors essentiellement tournée autour de l’activité agro-pastorale mais aussi vers les mégisseries (qui emploieront jusqu’à 200 personnes en 1937, les Tanneries fermeront en 1954). Ces dernières nous ont laissé les lavoirs le long du canal (entre les rues Baulong et du moulin). Au milieu du XIXe vers l’activité artisanale de marbriers, puis celle des tailleurs de pierres (400 tailleurs de pierre en 1900) sera l’activité économique principale du bourg. 

Les nombreux ouvriers que ces activités nécessitent vont donner lieu à la création de nouvelles maisons, de nouveaux quartiers comme vers la gare en particulier. 

La démographie va ainsi augmenter tout au long du XXème siècle (1901 hbts en 1901 et 2892 en 1975). Ceci est dû à l’arrivée de nouvelles industries : 

  •  Filatures d’Ossau fermées en 1962. Les locaux ont été occupés par Hydrométal (voir plus bas) et la société de chaussures Bidegain fermées dans les années 1990. 
  • Usines Messier ouvertes pendant l’occupation en 1940 et devenues aujourd’hui Société Ventana. Elles ont employé jusqu’à 400 employés en 1980. 
  • Rocamat rejoint les entreprises Palisses (1900-1998) 
  • Scierie Lombardi-Morello (fondée en 1923 et fermée en 1990). Employait de 200 à 250 personnes sur la scierie et l’exploitation du bois en montagne. Beaucoup d’italiens puis d’espagnols arrivèrent dans la vallée pour y travailler. 
  • Usines de laminage Laprade créées par Xavier Laprade (en 1909). Il exploitait déjà l’énergie hydro électrique sur le gave au niveau du quartier Caù. Devenues Usinor, ces usines ont fermées dans les années 2010. La partie Thyssenkrupp sur le site Pachou (actuellement Espace Laprade) a fermé en 2008. 
  • Usines Pélecq, spécialisées dans l’outillage des carrières de marbre. Fondées en 1938, elles ont fermé en 2001    
  • Hydrométal (aujourd’hui STI), entreprise de traitement de surface, crée en 1966 sur le lieu des anciennes filatures elle a déménagé sur la zone du Touya en 1980. Devenue depuis STI France depuis 1993. 

Une population d’immigrés originaire d’Espagne, du Portugal et d’Italie vient participer à ce nouvel essor.  

Le grand élan économique de l’après-guerre viendra de l’industrie métallurgique autour de la fonderie Laprade et l’usine Messier qui emploieront un peu plus de 700 personnes. 

Dans les années 60, la démolition du fronton (place du foirail) a permis l’ouverture sur la rue Saint Michel et l’avenue des Pyrénées par le désenclavement des terrains Ouilhon. 

La construction de nouveaux lotissements sur le pourtour du centre bourg ont transformé la physionomie du village.  

Des quartiers ouvriers :  

  • Notre Dame à l’entrée d’Arudy coté Oloron Ste Marie dans les années 1950 
  • Les Castors dans les années 1950 
  • Quartier du Mur dans les années 1950 

Des lotissements municipaux : 

  • Saint Gaudens dans les années 1960 
  • Darré Bourdeu dans les années 1960 
  • Pic d’Ossau (années 1970) 
  • Les Jardins d’Arudy (années 1970) 
  • Juppé dans les années 1990. 
  • Pont Germe (années 2000) 
  • Saint Michel (années 2010) 

Ces lotissements ont permis de conserver la population sur le village. Des programmes HLM s’y sont ajoutés répondant à une population ne pouvant accéder à la propriété (rue d’Aspe, rue du Touya et rue du Pont Germe). 

Arudy est remarquable par sa vie associative très riche (environ 35 associations sportives et culturelles). 

Les services publics tels que la gendarmerie (1966), la poste, l’école maternelle, élémentaire et le collège ont été construits à proximité de quartiers neufs de part et autre de l’avenue des Pyrénées. La future maison de santé pluri-professionnelle donne encore plus de vie à ce secteur.  

Le cinéma Saint Michel, crée en 1953, cinéma paroissial puis associatif complète l’attractivité culturelle du village avec le Musée d’Ossau, la salle d’Espalungue, la Médiathèque rénovée sous la mairie et quelques associations culturelles.  

Autour de la salle d’Espalungue, des équipements sportifs pour le rugby, le football, la boule, un city stade, un skate park et la piscine bénéficient d’aménagements réguliers pour les mises normes évolutives de ces dernières décennies. S’y ajoutent 2 terrains de tennis, un terrain de trial, trois rochers écoles. 

Si la place du village est le lieu central des rencontres quotidiennes, le changement de comportement des habitants pour leurs achats a entrainé une fermeture de nombreux commerces jusqu’au moment où plus aucun commerce alimentaire (hors boucherie et boulangerie) n’était présent sur la place. Un renouveau sensible est observé actuellement avec la création de commerces et l’arrivée de néoruraux. 

Du bourg initial au village actuel Arudy continue à écrire son histoire.